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Elections législatives sous tension mais sans enjeu politique au
Burundi
Source: RFI
23 juillet 2010
Ce vendredi 23 juillet 2010, on votait pour la troisième fois en deux mois au
Burundi. Des élections législatives sans suspens en raison du boycott de
l'opposition. Le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, est assuré de l'emporter haut la
main et de rafler la grande majorité des sièges à l'Assemblée.
Beaucoup de Burundais sont inquiets pour le débat démocratique dans leur
pays. Mais, selon Onesime Nduwimana, porte-parole du CNDD-FDD, le Burundi n'est
pas dans une situation de parti unique.
Onesime Nduwimana, porte-parole du CNDD-FDD
Ce n’est pas le nombre de voix qui détermine que le pays est dans un système
de parti unique ou pas, c’est la loi…. Si la population burundaise a décidé de
n’avoir qu’un parti politique au Parlement elle est souveraine… l’opposition
aujourd’hui a un problème de salaire, de survie, pas un problème politique...
24/07/2010 par Sébastien Nemeth
Reportage à Kanyosha, quartier de Bujumbura, acquis à l'opposition FNL
(01:15)
24/07/2010 par Esdras Ndikumana
A Bujumbura la capitale, dans le quartier de Kanyosha, fief des ex-rebelles
des FNL (Forces nationales de libération), de jeunes militants de ce parti
d'opposition sont assis au bord de la route en train de discuter. A l’instar de
la majorité des habitants de ce quartier du sud de Bujumbura, ils ne sont pas
allés voter.
„ Je uis allé voter aux communales (du 24 mai), mais je n'ai pas participé à
la présidentielle en raison de nombreuses irrégularités qui ont marqué le
premier scrutin. C’est justement pour ceci que je ne suis pas allé voter jeudi
«, explique un jeune homme.
LLe parti au pourvoir au Burundi est sûr d’emporter une victoire écrasante
après le retrait de l’opposition. Yves, un jeune maçon de 25 ans, ne cache pas
sa peur de l’avenir après ces législatives. „ Ce qui se passe au Burundi n’est
pas rassurant. Il n'y a pas de démocratie dans un système de parti unique ; cela
ne s'est jamais vu nulle part au monde. C'est un véritable recul pour notre pays
« explique-t-il.
Gérard, un ancien combattant des FNL, a un autre motif d'inquiétude : „
Depuis quelques jours on lance des grenades... Des personnes sont tuées. Il
n’est pas exclu que ce pays retombe dans la guerre «. En conséquence, „les
arrestations se sont multipliés dans les rangs de l’opposition«, rapporte-t-il.
Et cet ancien combattant rebelle de prévenir d’une voix ferme : „ nous allons
nous défendre «.