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Bujumbura, Burundi, 2010-07-22 (Burundi Réalité) -
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L'opposition boycotte les législatives burundaises
Source: Cyberpresse
22/07/2010
Le Burundi tient vendredi des législatives boycottées par les principaux partis
d'opposition, dernière étape majeure d'un marathon électoral de deux mois qui a
relancé les risques d'affrontements dans ce petit pays d'Afrique centrale.
Les principaux partis d'opposition ayant déclaré forfait, le Conseil national
pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD,
au pouvoir) devrait réunir une confortable majorité à l'Assemblée, un mois après
la réélection à la tête du pays de son homme fort, le président Pierre
Nkurunziza, seul candidat en lice.
„Le processus électoral burundais a complètement déraillé et ce pays va se
retrouver désormais sous la férule d'un parti aux tendances autoritaires, avec
une opposition inexistante«, selon un diplomate à Bujumbura s'exprimant sous
couvert d'anonymat.
„Nous avons beaucoup d'inquiétude, nous nous posons beaucoup de questions quant
à l'avenir de ce pays«, s'alarme-t-il.
Une seule formation d'opposition, l'Uprona, a accepté de participer aux
législatives après avoir boycotté la présidentielle du 28 juin.
Quatre petits partis (Frodebu nyakuri, Frolina, PTD et Kaze-FDD), ainsi qu'une
coalition de quatre autres petites formations, tous très proches du parti
présidentiel burundais, participent également au scrutin de vendredi (100 sièges
à pourvoir).
Mais hormis l'Uprona, les principaux partis d'opposition ont maintenu le boycott
entamé lors de la présidentielle, évoquant de graves irrégularités dans le
précédent scrutin communal de fin mai.
Cette opposition est regroupée au sein de l'Alliance démocratique pour le
changement (ADC), dont l'ex-rébellion des Forces nationales de libération (FNL)
arrivée deuxième aux dernières communales.
„Le processus électoral dans lequel le Burundi est engagé depuis les communales
est un échec complet, ce qui signifie à nos yeux que tout le processus de paix
au Burundi est en train de voler en éclat«, juge Léonard Nyangoma, le porte-parole
de l'ADC.
Selon l'ADC, le pouvoir CNDD-FDD a instauré „un régime de terreur qui est en
train de contraindre les gens à fuir ou à chercher à se défendre«.
Le leader des FNL, Agathon Rwasa, qui s'est retiré de la vie publique il y a un
mois, a assuré ne pas avoir l'intention de reprendre les armes, mais de nombreux
observateurs sont persuadés du contraire. „L'opposition peut de nouveau être
tentée par la voie de la violence, mais cela ne servira à rien car le pouvoir
qui bénéficie du soutien total de la communauté internationale a les moyens de
la museler«, estime un cadre de l'ONU, sous couvert d'anonymat.
„Cela a déjà commencé et c'est en train de tuer totalement la démocratie dans ce
pays«, a-t-il poursuivi, regrettant „la répression qui frappe l'opposition«.
Plus d'une centaine de cadres et militants de l'opposition ont été arrêtés au
cours des trois dernières semaines et d'autres ont été torturés, d'après
plusieurs associations de la société civile burundaise.
„Toutes ces affirmations sont fausses« répond le porte-parole du CNDD-FDD,
Onesdine Nduwimana, pour qui la police a simplement arrêté les auteurs supposés
d'une série d'attentats à la grenade. Il assure que les „provocations« pour
attenter à la paix resteront vaines.
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